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Scapin et ses fourberies :

du classique modernisé

La classe de Seconde Générale du lycée Lucie Aubrac a pu cette année encore profiter du partenariat avec La Scène Nationale de Mâcon. Pour l'occasion, les élèves ont vu jeudi 4 octobre 2018 la célèbre comédie de Molière, Les Fourberies de Scapin, mise en scène par Christian Esnay, également débordant d'énergie dans le rôle principal, pour la Compagnie des Géotrupes. Une façon de mieux comprendre un texte classique étudié en classe.

Mais si ! Les Fourberies de Scapin, vous connaissez ! Je suis sûre que la réplique « Que diable allait-il faire dans cette galère »... ne vous est pas inconnue. C'est de ce texte de Molière que nous vient cette expression qu'on utilise tous : « Quelle galère ! » Elle sort directement de la bouche du personnage de Géronte à qui Scapin admoneste, dans la fameuse scène du sac, des coups de bâton vengeurs et réjouissants pour le spectateur. Du rire jubilatoire assuré.

Une pièce de 1671 a-t-elle encore à dire à la jeunesse d'aujourd'hui ? Bien sûr que oui ! Il y est question de querelles inter-générationnelles entre des jeunes et leurs pères qui ne se comprennent pas bien, de luttes de classes entre les maîtres et les valets, du questionnement sur l'altérité, l'étranger, de stratagèmes pour parvenir au triomphe de l'amour... Car l'amour doit triompher. Au XXIème siècle aussi. En somme, ces thèmes intemporels font écho à la vie des adolescents d'aujourd'hui. Molière reste branché.

Les comédiens, notamment Christian Esnay qui joue Scapin, mènent la danse en 1h40, à un rythme effréné, sur un plateau sans décor, où seuls jeux de scène, de lumière, de son, de fumée, de rideaux soulignent le texte et les gestes impressionnants et très maîtrisés.

Petit privilège : sur scène, les élèves ont retrouvé Rose Mary D'Orros, comédienne énergique et pétillante venue animer un atelier de théâtre la veille au lycée. Elle est aussi la costumière de la pièce. Intéressant cette multi casquette, n'est-ce pas ? Cette information ne pouvait pas être connue de vous encore car elle n'est pas notée sur le programme. Il fallait pour cela écouter Anne Mary. Davayé l'a fait. Rencontrer en chair et en os un comédien expliquant son métier et les choix du metteur en scène crée en lien fort qui participe à préparer le public novice en créant des hypothèses d'attente et une vraie complicité. Connaitre la comédienne, c'est connaître mieux le personnage de Zerbinette qu'elle incarne. Encore une fois, cet atelier n'aurait pu être possible sans le partenariat avec la Scène nationale. Merci pour cette nouvelle aventure artistique rondement menée par Pauline Desmaris.

Muriel Bonnard